IG Stiller - www.nachtruhe.info
"Die Schlafzyklen richten sich nicht nach der Uhrzeit, sondern nach der Einschlafzeit und dem inneren Rhythmus.
Somit werden im Laufe einer Nacht sicher alle Schlafstadien in ähnlichem Ausmass durch das Glockengeläut gestört."

Dr. med. Wolfgang Randelshofer

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Les cloches sont à Rome? «Qu’elles y restent!»  
15. Mai 2006
Quelle: 24heures.ch (de Florence Perret)

SONNERIES
Le bourg de Cully résonne depuis quatre mois d’une querelle de clocher: les carillons doivent-ils être réduits au silence nocturne? La question resurgit régulièrement dans les villages comme en ville.

Les cloches de la cathédrale étaient soupçonnées, en 1909, d’avoir contribué à l’aggravation de la maladie d’une citoyenne lausannoise.

Elles sonnaient chaque nuit à 4 heures.
Près d’un siècle plus tard, on ne compte plus les faits divers et anecdotes clochemerlesques suscités par ces sonneries.
(Mathieu Gex)

Le Comité de sauvegarde de l'authenticité du bourg de Cully cherche un bénévole pour la durée du Cully Jazz Festival. La personne recevra le titre de «guet du bourg du Cully». Son rôle consistera à hurler chaque heure une phrase générique sur la place du temple de Cully: «Habitants du Bourg de Cully, il aurait dû sonner minuit! Tout va bien (...)»

Publié sur le blog du Cully Jazz Festival, ce drôle d'avis fait écho à la vraie polémique qui agite Cully depuis bientôt quatre mois et qui, loin de trouver son point d'orgue, a encore été pimentée cette semaine suite au postulat d'un conseiller communal (24 heures du 13 avril 2006). La raison de toutes ces tensions? La mise en sourdine des cloches du temple entre 22 h et 6 du matin. Une décision prise par la Municipalité après qu'un habitant du cru a officiellement demandé «à pouvoir trouver le sommeil». L'homme était alors loin de penser que sa requête déclencherait un débat si électrique. «C'est affolant. J'ai été vraiment surpris par l'agressivité des gens», lance-t-il, encore sonné.

Au point qu'après la lecture des articles parus dans la presse, l'homme a voulu «comprendre» ce qui déchaînait ces humeurs en téléphonant aux divers intervenants. Peur du changement sans doute, doublé d'un fort attachement, pas forcément rationnel.

Résonance psychologique

Pas simple, en tout cas, de percer le mystère de la cloche et de ses résonances sociales ou psychologiques. Certains, à l'instar de Fabienne Hoffmann, campanologue, s'y sont déjà frottés. «Je suis toujours baba de voir le bruit qui est fait autour de ça». La spécialiste des cloches pense qu'il y a là une irritation liée «au pouvoir administratif» de ce son qui «pénètre jusque dans la chambre à coucher».

Pour l'abbé Allaz, de Notre-Dame du Valentin à Lausanne, comme pour d'autres hommes d'église, ces réactions sont d'abord le résultat d'une «déchristianisation»: «Les gens ne veulent plus être dérangés par l'Eglise». A l'inverse, pour ceux qui tiennent à ces sons, reprend l'historienne, il y a certainement «un côté madeleine de Proust». Et la campanologue d'évoquer ces femmes, «très émues», venues lui parler de ces sonneries qui leur rappelaient la Seconde Guerre mondiale.

«Certains sont tellement habitués que ça les réveillerait si ça ne sonnait plus», avance Pierre-André Ammeter. Le pasteur de Saint-Paul à Lausanne parle en connaissance de cause. Si les cloches de son église ne frappent plus les heures à double, c'est qu'une femme s'était plainte en ces termes: «La première cloche me sort de mon sommeil, la deuxième me réveille définitivement». En charge de l'entretien des 36 paroisses et lieux de cultes de Lausanne, la Ville avait alors «pris une mesure proportionnée, en demandant l'arrêt du doublement de l'une des cloches!» relate Patrick Addor, secrétaire général de la Direction Enfance Jeunesse et Education. Et quand l'entreprise a suspendu le mécanisme le temps de le régler, la sonnerie d'un téléphone a pris le relais: «Qu'est-ce qui se passe? Les cloches ne sonnent plus!?»

Du bruit pour rien?

Et elles sonneront de moins en moins. «Depuis 20 ou 30 ans, le nombre de sonneries des cloches d'églises tend à diminuer pour tranquilliser les voisins», remarque le porte-parole de l'église protestante.
Outre-sarine, l'Association IG-Stiller (communauté d'intérêt pour la tranquillité) martèle déjà son droit à ne pas entendre les cloches de 22 h à 7 h.

«Oui, les plaintes sont très fréquentes en Suisse alémanique, confirme Fabienne Hoffmann, et ça commence à venir chez nous». Le Tribunal fédéral vient encore de débouter - c'était le 6 mars dernier - un habitant de Gossau (ZH) qui se plaignait des décibels de l'église voisine. Réponse du TF: «Le bruit des cloches constitue une tradition bien ancrée» en Suisse (lire encadré).

Bien ancrées, les cloches? Sans doute mais peut-être aussi, plus bruyantes et plus agitées qu'autrefois. Depuis les années 50, elles sont frappées de manière mécanique et sonnent «plus fort» qu'au temps où elles étaient balancées à la main, relève la campanologue. Et puis, elles retentissaient moins souvent. «Pour les sonneries spéciales de la cathédrale, par exemple, il fallait jusqu'à 12 hommes, ça coûtait cher et on réfléchissait à deux fois avant de les déclencher». Une puissance qui dépend aussi beaucoup des abassons du clocher, ces lamelles en bois qui permettent d'orienter le son. «Ils sont souvent mal réglés», note Fabienne Hoffmann avant de lancer: «En fait, il faudrait diriger le son vers le sol et non pas vers tout le canton.» Une idée à mettre sous cloche?

Février 1909: ça clochait déjà

Près d’un siècle plus tard, c’est au tour des cloches de Cully de susciter le débat. (Florian Cella)

Lors de sa séance du mardi 9 février 1909, le Conseil communal de Lausanne a eu à débattre d'une question déjà d'actualité: la suppression de la sonnerie de la cloche de 4 h du matin! M. Paul Rochat, rapporteur: «La majorité de la commission estime que cet usage ne rime plus à rien, et que cette sonnerie est non seulement tout à fait inutile, mais nuisible puisqu'elle trouble le repos de gens laborieux, qui doivent travailler tard dans la soirée, et des malades ou neurasthéniques qui ont le sommeil léger.» Constatation piquante: «Ce sont ceux qui entendent la cloche du matin qui en demandent la suppression - à preuve les 476 pétitionnaires - et, à part deux ou trois voix isolées, ce sont ceux qui ne l'entendent pas qui en demandent le maintien!»

Parmi ces voix isolées, deux voix «féminines» aux «arguments faibles»: «Ayant passé bien des nuits auprès d'un malade, que de fois j'ai entendu celui-ci dire: «Ah! quel bonheur! je pourrai dormir, voilà la cloche!» «Ici, relève le rapporteur, nous sommes en présence d'une notion nouvelle: la cloche qui fait dormir!» «Des versets tels que ceux-ci me viennent à la pensée», dit une autre. Paul Rochat: «Nous nous inclinons avec respect devant ces effusions religieuses. Mais nous pensons que bien rares sont les habitants de Lausanne qui regardent vers l'Eternel à 4 h ou 5 h du matin.»
Le rapporteur cite enfin plusieurs témoignages dont il garantit «l'authenticité», comme celui-ci: une personne «très âgée et souffrant des angoisses d'une maladie de cœur, s'endormant péniblement vers une ou deux heures du matin, eut, pendant cinq années, jusqu'à sa mort, ce court repos toujours interrompu par la sonnerie, ce qui contribua certainement à aggraver sa maladie.»

 
 
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